13-19 mai 2019

Femmes et Culture : 3 questions à Patricia Laigneau, Pouce vert de l’art

10 mai 2019 |

Femmes et Culture : 3 questions à Patricia Laigneau, Pouce vert de l’art

Experte en botanique, Patricia Laigneau est une artiste de jardin. Au Château du Rivau dans le Val de Loire en France, elle a créé un univers de conte de fées et rend hommage à Léonard de Vinci à travers une exposition d’une trentaine d’artistes contemporains. Pour la #MuseumWeek 2019, un Bal de la Renaissance est organisé samedi 18 mai.

Depuis 2016, le château du Rivau participe à la #MuseumWeek. Comment participez-vous à l’événement ? Pour la dimension internationale ? Touristique ?
Nous participons à cet événement car le château du Rivau situé en zone rurale a le culturel au cœur de son projet. Pour beaucoup, les châteaux sont des lieux de Patrimoine et pas des lieux de création. Or au Rivau, nous cherchons à poursuivre les grands récits en confrontant les imaginaires des artistes de notre temps avec les thèmes liées à l’idéal de la vie de château. Ainsi, en explorant les problématiques d’aujourd’hui, (une sorte de miroir sociétal) à travers la vision des artistes pour un lieu patrimonial, nous participons aux aventures de l’esprit de notre époque que nous espérons diffuser en milieu rural.
Dans les jardins (les jardins du Rivau sont classés Jardin Remarquable) se prolonge la conversation entre passé et créativité actuelle à travers le prisme des œuvres d’art contemporain installées dans le droit fil des objets magiques des contes de fée, vecteurs du merveilleux. Une autre manière de révéler l’Art dans les jardins grâce à la #MuseumWeek.

Vous consacrez une exposition d’art contemporain en 2019 à Léonard de Vinci dont on célèbre les 500 ans de la naissance. L’occasion de mettre en valeur les femmes artistes. Qui sont-elles ? Pourquoi ce choix ?
J’essaye de toujours de mettre en valeur le travail des artistes femmes ; tout d’abord parce que c’est plus difficile pour elles d’émerger avec le difficile choix entre carrière et maternité. Qu’en tant que femme, j’ai le devoir de les soutenir et de participer à la dénonciation du phallocentrisme de certaines institutions culturelles. Ensuite parce qu’elles ont une sensibilité différentes de celles des hommes, d’ailleurs très complémentaires et que dans ma quête de la construction de l’histoire de l’art de notre époque, l’esprit féminin porte un regard singulier et souvent personnel sur l’Histoire (la violence et la mort leur sont souvent très éloignés).
Les femmes artistes de l’exposition interrogent sur l’état du monde, sa dimension sociale ou politique pour Giulia Andreani.
Pascale Barret et Mariella Bettineschi questionnent sur la digitalisation du monde.
Katia Bourdarel, Antonella Bussanich, Catherine Bret-Brownstone, Alessandra Capodacqua, Céline Cléron, Hélène Delprat, SUN Xue portent un regard sur l’Histoire de l’art en entremêlant aussi l’intime au collectif.
ORLAN et Delphine Balley révèlent le divertissement que peut devenir l’Art.

Historienne de l’art, vous mettez votre lieu magnifique au service de la création. Un rêve enchanté ? Quels sont vos projets ?
Je ne me considère pas comme historienne de l’art, je l’ai juste étudié mais je me vois plutôt comme un passeur (ou passeusse). Ainsi j’essaye d’agir : je suis passée du côté de la création puisque l’art du jardin m’a offert l’opportunité de créer en utilisant les végétaux comme médiums.
Je tente de proposer à nos visiteurs un rêve éveillé, une plongée dans un univers fantasmagorique.
Mes projets : faire survivre le rêve que j’ai eu la chance de pouvoir réaliser.
Merci à #MuseumWeek de contribuer à cette survie.

> Le site du Château du Rivau  www.chateaudurivau.com

Photo © J. Sierpinski

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